Benjamin Becker (All) bat Andre Agassi (USA) 7-5, 6-7 (4/7), 6-4, 7-5
Battu au 3e tour par Benjamin Becker, c'est serein qu'Andre Agassi quitte l'US Open etle monde du tennis après 21 ans de service. Le joueur a éclaté en sanglots en s'adressant aux 23 000 spectateurs du Court central. Et c'est les yeux encore humides qu'il s'est présenté en conférence de presse...
ANDRE AGASSI, votre carrière vient de se terminer. Que ressentez-vous ?
A.A. : Honnêtement, je ne sais pas exprimer mes émotions en ce moment. Je suis submergé par l'émotion, submergé par la façon dont on m'a ovationné. J'essaye de trouver d'autres mots pour vous décrire ce que j'ai vécu. Je n'y arrive pas. Il y avait mille choses qui me traversaient l'esprit. Ca fait 21 ans que je me prépare. C'était incroyable. Jamais je n'ai vécu cela, même en Coupe Davis.
Comme avez-vous vécu ce dernier match ?
A.A. : Dès le début, j'étais en difficulté. Il a sorti le grand jeu. J'ai déjà vécu ça peut-être 400 fois auparavant. Mais aujourd'hui, je ne m'attendais pas à grand chose physiquement. Je ne me sentais pas très bien. La douleur n'était pas si terrible. Mais je ressentais encore des courbatures de mon dernier match. Je savais que la douleur pouvait se manifester vite. Ca a été le cas. A partir de là, ça s'est empiré. Mais tout cela importe peu maintenant.
Qu'avez-vous dit à Benjamin Becker à la fin du match et que vous a-t-il dit ?
A.A : Je l'ai félicité. Il m'a quand même "botté les fesses". Mais je ne me souviens vraiment pas de ce qu'il m'a dit. Je ne sais même pas si j'ai entendu qu'il me parlait.
Est-ce comme ça que vous envisagiez votre sortie?
A.A : J'ai essayé de ne pas trop y penser. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je ne crois pas que c'était de la tristesse. Mais un beau sentiment lié à l'excitation de faire quelque chose de nouveau à l'avenir. Tout a été une question de sacrifice pour moi. Je vais me réveiller demain et ne pas penser à ce que je vais faire. Ca va être génial. Je suis vraiment en paix avec moi-même.
Auriez-vous voulu partir sur une victoire et annoncer votre retraite à la fin de votre match contre Baghdatis par exemple ?
A.A : J'ai passé mes derniers mois cet été sachant que ceci serait mon dernier tournoi ici. Je n'étais pas venu pour jeter l'éponge. Après mon deuxième tour, j'étais dans le pire état que je n'ai jamais été. Je remercie les médecins d'avoir pu me retaper. C'était une lutte au jour le jour.
Que retiendrez-vous de vos adieux?
A.A : Quand je suis retourné au vestiaire, les autres joueurs se sont tous levés pour m'applaudir. C'est le plus cadeau qu'on puisse recevoir de ses collègues. Le fait de m'avoir applaudi comme ça est le compliment ultime. Je garderai ces souvenirs à tout jamais. Mes trois meilleurs souvenirs? Roland Garros (en 1999 pour son seul titre sue la terre battue parisienne), ma victoire à Wimbledon (face à Goran Ivanisevic en 1992) et ma première victoire ici à l'US Open (face à Michael Stich en 1994).
Quel rôle a joué Steffi Graf, votre épouse, à la fin de votre carrière ?
A.A : Elle est la raison pour laquelle j'ai pu jouer ces six dernières années. Elle m'a beaucoup apporté. Quand je l'ai rencontré, je crois que j'ai récolté 27 victoires pour une défaite en Grand Chelem.
Regrettez-vous de ne pas avoir disputé l'Open d'Australie au début de votre carrière ?
A.A : J'ai manqué beaucoup de Wimbledon mais j'ai raté encore plus d'Open d'Australie. Cela a fini par être la surface où j'étais le plus productif. J'aurais effectivement aimé l'avoir joué plus.
Allez-vous rester dans le milieu du tennis?
A.A : J'espère. Mais je ne vais pas forcer les portes. Je vais voir comment je peux aider le sport. Mais je ne sais pas encore comment.